Le barème kilométrique 2026 applicable aux revenus 2025 reprend les coefficients gelés depuis la revalorisation de +5,4 % intervenue en 2023. Trois années consécutives sans rehausse, alors que le coût réel d’usage d’un véhicule a continué de dériver. Nous détaillons ici les points techniques qui comptent pour arbitrer entre motorisations et optimiser la déduction.
Gel du barème kilométrique 2026 : impact réel sur la déduction fiscale

La DGFiP a reconduit à l’identique les coefficients 2025, eux-mêmes déjà figés depuis 2023. En pratique, un contribuable qui parcourt le même kilométrage professionnel déduit en 2026 exactement le même montant qu’en 2024.
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Le décalage avec l’inflation des postes couverts par le barème (carburant, entretien, assurance, dépréciation) n’est compensé par aucun mécanisme d’indexation automatique. Pour les gros rouleurs au-delà de 20 000 km, le manque à gagner fiscal se creuse chaque année de gel.
Nous recommandons de comparer systématiquement le montant obtenu via le barème avec celui d’une déduction aux frais réels documentés. Sur un véhicule récent à forte puissance fiscale, le barème reste souvent avantageux. Sur un véhicule ancien, amorti, dont les charges se limitent au carburant et à l’entretien courant, les frais réels peuvent descendre en dessous du forfait, ce qui rend le barème plus intéressant, mais l’inverse est aussi possible si des réparations lourdes s’accumulent.
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Majoration de 20 % pour véhicule électrique et hybride rechargeable : mode de calcul

La majoration de 20 % pour les véhicules 100 % électriques et hybrides rechargeables reste en vigueur en 2026. Elle s’applique sur le montant d’indemnités calculé à partir du barème classique, pas sur les coefficients eux-mêmes.
La brochure fiscale 2026 publie désormais un tableau dédié aux voitures 100 % électriques avec des coefficients directement majorés. L’objectif est de simplifier le calcul pour le contribuable, qui n’a plus à appliquer manuellement le bonus de 20 %. Le résultat final reste identique, mais la lisibilité progresse.
Distinction entre électrique pur et hybride rechargeable
Un véhicule hybride rechargeable bénéficie de la même majoration de 20 % qu’un véhicule 100 % électrique. La condition porte sur la classification figurant sur la carte grise, pas sur l’usage réel en mode électrique. Un hybride rechargeable roulant majoritairement en thermique profite donc du même avantage fiscal.
Un hybride simple (non rechargeable) ne bénéficie pas de la majoration. Il relève du barème thermique classique, quelle que soit sa consommation réelle.
Barème kilométrique 2026 des voitures thermiques et hybrides non rechargeables
Le barème distingue trois tranches de distance et cinq niveaux de puissance fiscale. Voici les coefficients applicables aux revenus 2025 :
| Puissance administrative | Jusqu’à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d x 0,529 | (d x 0,316) + 1 065 | d x 0,370 |
| 4 CV | d x 0,606 | (d x 0,340) + 1 330 | d x 0,407 |
| 5 CV | d x 0,636 | (d x 0,357) + 1 395 | d x 0,427 |
| 6 CV | d x 0,665 | (d x 0,374) + 1 457 | d x 0,447 |
| 7 CV et plus | d x 0,697 | (d x 0,394) + 1 515 | d x 0,470 |
La variable « d » correspond à la distance annuelle parcourue à titre professionnel, exprimée en kilomètres. Le résultat donne directement le montant déductible en euros.
Barème kilométrique 2026 spécifique aux voitures électriques
Les coefficients ci-dessous intègrent directement la majoration de 20 %. Aucun calcul supplémentaire n’est nécessaire pour un véhicule 100 % électrique :
| Puissance administrative | Jusqu’à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d x 0,635 | (d x 0,379) + 1 278 | d x 0,444 |
| 4 CV | d x 0,727 | (d x 0,408) + 1 596 | d x 0,488 |
| 5 CV | d x 0,763 | (d x 0,428) + 1 674 | d x 0,512 |
| 6 CV | d x 0,798 | (d x 0,449) + 1 748 | d x 0,536 |
| 7 CV et plus | d x 0,836 | (d x 0,473) + 1 818 | d x 0,564 |
Pour un hybride rechargeable, appliquer les mêmes coefficients. Le gain par rapport au barème thermique atteint 20 % quel que soit le kilométrage, ce qui représente plusieurs centaines d’euros de déduction supplémentaire pour un conducteur dépassant 15 000 km professionnels par an.
Frais réels ou barème kilométrique : critères de choix selon la motorisation
Le barème couvre la dépréciation, l’entretien, les pneumatiques, l’assurance et le carburant (ou l’électricité). Il ne couvre pas les péages ni le stationnement, déductibles en sus sur justificatifs.
L’arbitrage entre barème et frais réels dépend de plusieurs paramètres :
- Un véhicule électrique récent avec un faible coût énergétique au kilomètre (recharge à domicile, heures creuses) génère souvent des frais réels inférieurs au barème majoré. Le barème est alors plus avantageux
- Un véhicule thermique ancien, consommant beaucoup et nécessitant des réparations fréquentes, peut générer des frais réels supérieurs au barème. La déduction aux frais réels devient alors pertinente, à condition de conserver chaque justificatif
- Un hybride rechargeable cumule un coût énergétique modéré et la majoration de 20 %. C’est la motorisation qui maximise l’écart entre barème et frais réels, au bénéfice du contribuable
Piège fréquent sur la puissance fiscale des électriques
La puissance administrative d’un véhicule électrique, inscrite sur la carte grise, est souvent plus basse que celle d’un thermique de gabarit équivalent. Un SUV électrique peut afficher 1 ou 2 CV fiscaux, là où son équivalent thermique dépasse 6 CV. Résultat : le coefficient du barème appliqué est plus faible malgré la majoration de 20 %.
Avant d’opter pour le barème, nous conseillons de vérifier la puissance fiscale exacte sur la carte grise (case P.6) et de simuler le montant déductible. Un véhicule électrique puissant classé à 3 CV fiscaux peut donner un résultat décevant par rapport à un diesel de 6 CV parcourant la même distance.
Le gel du barème en 2026 ne modifie pas les règles du jeu, mais il accentue l’intérêt de simuler chaque année plutôt que de reconduire un choix par habitude. La majoration électrique reste le seul levier d’optimisation intégré au barème, et la puissance fiscale du véhicule en détermine l’ampleur réelle.

