Le relevé d’informations assurance auto est le document que tout assureur réclame avant d’accepter un nouveau contrat. Il retrace l’historique de conduite rattaché à un contrat précis : sinistres déclarés sur les dernières années, coefficient de bonus-malus, identité du conducteur principal et caractéristiques du véhicule assuré. Savoir où le récupérer, dans quel délai et sous quelle forme conditionne la fluidité d’un changement d’assureur.
Vérifier son relevé d’informations avant de le transmettre
La plupart des guides expliquent comment demander le document. Peu s’attardent sur ce qui se passe quand le relevé contient une erreur. Un sinistre mal imputé (responsabilité totale au lieu de partielle, par exemple) ou un conducteur secondaire confondu avec le conducteur principal suffit à fausser le coefficient de bonus-malus appliqué par le nouvel assureur.
Contrôler chaque ligne du relevé d’informations avant de le transmettre n’est pas un réflexe courant. C’est pourtant là que se jouent les écarts de tarif les plus difficiles à corriger après coup.
Les points à vérifier ligne par ligne
- La nature et la date de chaque sinistre déclaré : un sinistre responsable ancien qui aurait dû sortir de la période de référence peut encore figurer par erreur, ce qui maintient un malus injustifié.
- Le taux de responsabilité retenu pour chaque sinistre : une responsabilité partagée à 50 % n’a pas le même impact qu’une responsabilité totale sur le coefficient.
- L’identité du conducteur principal : si le contrat a été souscrit au nom d’un conjoint mais que vous étiez conducteur désigné, le relevé ne porte pas forcément votre nom, ce qui complique la portabilité du bonus.
- La cohérence entre le coefficient de bonus-malus affiché et l’historique des sinistres listés : un calcul rapide permet de repérer une incohérence manifeste.
En cas d’erreur constatée, la demande de rectification doit être adressée à l’assureur émetteur du relevé. L’assureur est tenu de corriger les informations erronées, mais aucun délai légal spécifique n’encadre cette rectification, ce qui peut ralentir la souscription auprès du nouvel assureur.

Relevé d’informations assurance auto : les canaux concrets pour l’obtenir
Le document est gratuit. L’assureur actuel (ou l’ancien assureur, même après résiliation) doit le fournir sur simple demande. Le délai réglementaire de transmission est de quinze jours à compter de la demande.
Espace client en ligne
La majorité des assureurs permettent de télécharger le relevé d’informations depuis l’espace personnel, dans la rubrique « documents » ou « mon contrat ». Le fichier est généralement disponible au format PDF en quelques minutes. C’est le canal le plus rapide.
Demande par courrier ou par courriel
Quand l’espace en ligne ne propose pas le téléchargement direct, un simple courriel ou un courrier adressé au service client suffit. Certains assureurs exigent une demande écrite, d’autres acceptent un appel téléphonique suivi d’un envoi par courriel. Le délai de quinze jours s’applique dans tous les cas.
Après résiliation du contrat
Un point souvent ignoré : le droit d’obtenir le relevé d’informations persiste après la fin du contrat. Que la résiliation soit à votre initiative, à celle de l’assureur ou liée à la vente du véhicule, l’ancien assureur reste tenu de délivrer le document. Si vous changez d’assureur plusieurs mois après la résiliation, le relevé reste exigible.
Conducteur secondaire, véhicule de fonction : les cas où le relevé manque
Le relevé d’informations est établi au nom du conducteur principal du contrat. Cette logique crée un angle mort pour plusieurs profils de conducteurs.
Un conducteur secondaire déclaré sur le contrat d’un conjoint ou d’un parent ne dispose pas d’un relevé à son propre nom. Son historique de conduite est rattaché au contrat du conducteur principal. Lorsqu’il souhaite souscrire son propre contrat, il ne peut pas présenter de relevé d’informations exploitable.
La situation est similaire pour les conducteurs de véhicules de fonction. Le contrat d’assurance est souscrit par l’employeur ou le gestionnaire de flotte. Le salarié conducteur n’apparaît pas comme souscripteur et ne reçoit pas de relevé à son nom.
Quelles alternatives dans ces situations
Dans les deux cas, une attestation peut remplacer le relevé classique. Pour un conducteur secondaire, l’assureur du contrat principal peut fournir une attestation mentionnant la période de conduite et l’absence de sinistre responsable. Pour un véhicule de fonction, l’employeur ou le gestionnaire de flotte peut établir un document similaire.
Les retours terrain divergent sur ce point : certains assureurs acceptent ces attestations pour accorder un bonus, d’autres les refusent et appliquent un coefficient de départ neutre (1,00). Il n’existe pas de règle uniforme. La négociation au cas par cas reste la norme.

Bonus-malus et relevé d’informations : ce que le document ne dit pas
Le relevé d’informations affiche le coefficient de bonus-malus à une date donnée. Il ne précise pas comment ce coefficient a été calculé, ni les règles de réduction annuelle appliquées. Le lecteur du document voit un chiffre, pas la mécanique derrière.
Cette opacité pose un problème pratique quand le coefficient affiché semble incohérent avec l’historique visible. Un conducteur sans sinistre responsable depuis plusieurs années qui affiche encore un coefficient supérieur à 0,50 peut légitimement s’interroger.
Le coefficient de bonus-malus se calcule sur la base des sinistres responsables des dernières années. Chaque année sans sinistre responsable réduit le coefficient. La vérification suppose de reconstituer le calcul à partir des sinistres listés, ce que peu d’assurés font.
Déclaration inexacte : les conséquences réelles
Lors de la souscription d’un nouveau contrat, l’assureur peut accepter de démarrer la couverture sur la base des informations déclarées par l’assuré, avant réception du relevé d’informations. Cette pratique, courante pour accélérer la prise d’effet du contrat, comporte un risque.
Si le relevé d’informations, une fois reçu, révèle un historique différent de ce qui a été déclaré (sinistre non mentionné, coefficient erroné), le nouvel assureur peut réviser la cotisation à la hausse. En cas de sinistre survenu entre-temps, les articles L113-2 et L113-8 du Code des assurances prévoient des conséquences qui vont de la réduction de l’indemnisation à la nullité du contrat en cas de fausse déclaration intentionnelle.
Commencer une souscription sans le relevé est possible, mais la déclaration doit être rigoureusement exacte.
Délai de transmission et recours en cas de blocage
Le délai de quinze jours est un maximum. En pratique, le téléchargement en ligne est quasi immédiat. Les demandes par courrier prennent rarement plus d’une semaine.
Le blocage survient dans des situations précises : assureur en liquidation judiciaire, contrat très ancien dont les archives ont été transférées, ou simplement un service client défaillant. Dans ces cas, relancer par lettre recommandée avec accusé de réception constitue la première étape.
Quand l’assureur ne répond pas
Si le délai de quinze jours est dépassé sans réponse, l’assuré peut saisir le médiateur de l’assurance. Cette démarche est gratuite. Le médiateur intervient comme tiers pour débloquer la situation, mais son avis n’est pas contraignant pour l’assureur.
Une autre option consiste à signaler le manquement à l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), qui supervise les pratiques des compagnies d’assurance. Ce signalement ne résout pas le problème immédiatement, mais il crée une pression institutionnelle.
En parallèle, le nouvel assureur peut parfois demander lui-même le relevé d’informations directement auprès de l’ancien assureur, dans le cadre de la procédure de transfert de contrat. Cette possibilité dépend des accords entre compagnies et n’est pas systématique.
Coût du relevé d’informations et pièges tarifaires lors du changement
Le relevé d’informations est délivré gratuitement, quel que soit le canal utilisé et quel que soit le nombre de demandes. Aucun assureur ne peut facturer ce document. Si des frais vous sont réclamés, il s’agit d’une pratique abusive.
Le piège tarifaire ne se situe pas dans le relevé lui-même, mais dans l’interprétation qu’en fait le nouvel assureur. Deux compagnies peuvent proposer des cotisations très différentes pour un même profil et un même coefficient de bonus-malus. Le relevé fournit les données brutes, la tarification reste propre à chaque assureur.
Comparer plusieurs devis sur la base du même relevé d’informations reste la méthode la plus fiable pour identifier l’écart réel entre les offres. Le coefficient affiché sur le relevé sert de base commune, mais les garanties incluses, les franchises et les plafonds d’indemnisation varient d’un contrat à l’autre.
Pour obtenir une estimation adaptée à votre situation et à votre historique, le formulaire ci-dessous vous permet de recevoir un devis gratuit. Un professionnel vous recontacte pour analyser votre relevé d’informations et vous orienter vers le contrat le plus cohérent avec votre profil.

