Les classement des pays les plus riches bouleversés par les émergents

En 2022, l’Inde a franchi un cap symbolique : elle a dépassé le Royaume-Uni en PIB nominal, reléguant l’ancienne puissance coloniale hors du top 5 mondial. L’année suivante, l’Indonésie a fait une percée remarquée, doublant les Pays-Bas et la Russie sur plusieurs indicateurs économiques. Pendant ce temps, le Brésil a consolidé sa place parmi les dix premières puissances de la planète.

La France, longtemps installée parmi les cinq grands, doit désormais composer avec la montée rapide des géants émergents et l’instabilité des marchés. Ce rééquilibrage mondial bouleverse les classements établis et met en lumière des écarts de richesse qui se creusent à l’échelle internationale.

Les nouveaux leaders de la richesse mondiale : bouleversements et surprises dans le classement des pays

Le classement des pays les plus riches ne tient plus en place. Les économies émergentes bousculent l’ordre établi, changeant le visage de la croissance mondiale. Selon la Banque mondiale, elles en assurent près des deux tiers. La Chine, mastodonte démographique et industriel, reste sur le devant de la scène, même si sa croissance ralentit (prévision à 4,3 % en 2025). Les tensions commerciales avec les États-Unis pèsent, mais le pays demeure un maillon clé des chaînes de valeur globales.

L’Inde ne cesse de gagner du terrain. Troisième grande puissance émergente, elle s’appuie sur une jeunesse nombreuse et une urbanisation galopante pour afficher l’un des taux de croissance les plus impressionnants du moment. Le Brésil, longtemps réduit à son agriculture, s’impose désormais grâce à un tissu industriel étoffé et une influence diplomatique renforcée. La Russie, malgré la pression des sanctions et une économie encore très dépendante du pétrole, conserve un rôle central dans l’approvisionnement mondial en matières premières.

Les BRICS rassemblent aujourd’hui 42 % de la population de la planète et génèrent un quart du PIB mondial. Cette coalition, qui ambitionne de s’élargir et d’affirmer son autonomie face au dollar, revendique un poids grandissant dans les équilibres mondiaux. De leur côté, les pays du Golfe accélèrent leur diversification pour ne plus dépendre uniquement de l’or noir, alors que l’Argentine commence à sortir la tête de l’eau avec une croissance prévue à 4,2 % pour 2025. Les États-Unis et l’Union européenne voient leur leadership bousculé, tandis que le G20 s’ouvre à de nouveaux acteurs venus d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique. Les règles du jeu changent, et le casting aussi.

Quelques exemples concrets illustrent ces dynamiques nouvelles :

  • Chine : la croissance ralentit mais le pays reste l’épicentre de l’essor des économies émergentes.
  • Inde : la jeunesse et l’industrialisation dopent son dynamisme.
  • Brésil, Russie, Afrique du Sud : diversification des secteurs et poids stratégique croissant.
  • Pays du Golfe : diversification accélérée pour préparer l’après-pétrole.

Jeune économiste avec carte du monde et graphiques

France, émergents et fractures économiques : quelles dynamiques expliquent la redistribution des cartes ?

La France fait face à un monde économique en pleine reconfiguration. Le centre de gravité glisse vers les pays émergents du G20, qui pèsent désormais un tiers du PIB mondial. Les échanges et les investissements Sud-Sud explosent. Depuis son adhésion à l’Organisation mondiale du commerce en 2001, la Chine a doublé sa part dans le commerce international, entraînant une vague de nouveaux concurrents sur la scène mondiale. Résultat : la hiérarchie économique se déplace, les entreprises françaises affrontent une concurrence inédite, et la pression s’intensifie sur la compétitivité et l’innovation.

Les fractures économiques se creusent. L’essor des émergents stimule l’essor de la classe moyenne mondiale, mais révèle aussi les fragilités des économies avancées. En France, la montée des inégalités, mesurée par des indicateurs comme le coefficient de Gini ou l’indice de développement humain du PNUD, devient difficile à ignorer. Les écarts sautent aux yeux : métropoles dynamiques d’un côté, territoires ruraux en perte de vitesse de l’autre ; pôles attractifs pour les investisseurs étrangers, mais aussi zones qui peinent à suivre.

Alors que les pays émergents misent massivement sur les infrastructures et l’éducation, la France doit repenser ses atouts et ses stratégies. Rester dans le peloton de tête du classement des pays les plus riches va exiger de nouveaux choix. Les institutions internationales, Fonds Monétaire International, Banque mondiale, rappellent combien l’adaptation des politiques publiques s’impose face à une économie mondiale qui change de rythme. Les fractures, loin de s’arrêter aux frontières, redessinent la carte du pouvoir et de la prospérité.

Les lignes bougent vite, les équilibres vacillent. Ce qui semblait immuable hier devient incertain aujourd’hui. Reste à savoir qui saura saisir le prochain virage et écrire la suite du classement.

Les immanquables